J’ai lu le livre de Christiane Taubira

« Murmures à la jeunesse » en est le titre.

En quatrième de couverture, elle introduit le livre par ces mots :

« Attentats, lutte antiterroriste, état d’urgence… comment, dans ce contexte, préserver les valeurs qui sont le socle de la République ?

« Déchéance de nationalité : peut-être est-ce faire trop de bruit pour peu de chose ? Peut-être serait-il plus raisonnable de laisser passer ?

« Je ne suis sûre de rien, sauf de ne jamais trouver la paix si je m’avisais de bâillonner ma conscience. »

Et son éditeur  :

« Christiane Taubira revient sur les tragiques événements de 2015, raconte comment ils ont été vécus au sommet de l’Etat, quelles sont les forces obscures qui structurent ce nouveau terrorisme, comment on embrigade de jeunes Français pour les transformer en tueurs…

« Mais la République possède en elle-même la puissance de riposte nécessaire, une riposte qui ne requiert aucun reniement si elle s’inspire de l’histoire de ses combats. L’auteure appelle les citoyens à trouver dans la culture et la beauté les raisons de défendre avec la plus farouche détermination les valeurs de notre société.

« Par ces temps troubles et incertains, les paroles de Christiane Taubira élèvent le débat et redonnent espoir à la jeunesse.

« Paroles d’une femme de conviction, paroles d’une femme libre ».

Pour ce qui me concerne, j’ai  beaucoup apprécié la lecture de ces 94 pages truffées d’allusions à de grands auteurs, penseurs et philosophes dont les paroles nous aident à nous positionner dans cette période trouble que nous connaissons.

A de nombreuses reprises, je suis allé consulter des informations à propos de ces personnages hors du commun qui ont aidé l’auteure à présenter une image toute empreinte de diversité et, par là, d’une grande richesse.

Parmi ces auteurs et au regard de la diversité, je citerai plus particulièrement Edouard Glissant, écrivain et penseur martiniquais qui a développé le concept de créolisation :

« Pense avec le monde, il ressort de ton lieu, agis en ton lieu, le monde s’y tient » (page 31).

Enfin, je voudrais aussi mettre en exergue les premiers mots de ce livre inspirant :

« C’est une faveur qui remonte du fonds des âges et porte la mémoire du monde. Une génération peut éclairer le présent et offrir à la suivante de choisir l’épaisseur et la couleur de son propre présent. Par temps troubles et incertains soumis à des bouleversements ardus à lire, cette faveur se fait devoir ».

« Génération ? « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » assénait Frantz Fanon, dans une époque où les damnés de la terre inspiraient réflexions, joutes et engagements.

« Les analyses et conseils d’adultes n’ont jamais constitué un bréviaire. Fort heureusement, car dégager la route ne signifie pas la tracer. C’est néanmoins un devoir que d’éclairer l’époque, appréhender ses enjeux, dévoiler les contours de ses crevasses afin de livrer un planisphère intelligible sur lequel la génération suivante aiguisera ses choix.

[…]

« Pourtant…

« Nos mots d’adultes sont de bien pauvres mots. Si binaires, si sommaires. Si pauvres et figés ! ils crachotent, hésitent, ressassent, radotent et, finalement, ne s’adressent qu’à nous mêmes.

[…]

« Et maintenant commence l’essentiel.

« Car il faut refuser, malgré les intimidations, de capituler intellectuellement. Il nous faut au contraire rester déterminés à gagner la bataille […]

« Oui, il faut comprendre pour anticiper et aussi pour ramener du sens au monde. […]

« […] Oui, au pays de Simone Weil, refusons de voguer à la surface des choses, il faut fendre les flots et s’aventurer dans les eaux tumultueuses jusqu’au cœur du tourbillon, il faut percer, mesurer, atteindre l’œil du cyclone pour en connaître l’intensité, il faut prospecter les contradictions, les faire rendre gorge, débusquer les vides qui servent de grottes à ces déviances sanguinaires. »

C’est donc un livre de combat écrit par une femme engagée et fidèle à ses convictions, c’est un livre salutaire et une réflexion qui nous grandit.

On peut évidemment ne pas partager les convictions de Christiane Taubira… C’est notre droit le plus élémentaire en démocratie.

Cela étant, sa force de conviction nous porte dans une spirale vertueuse.

Vous aurez compris que j’ai bien aimé ce livre et que je vous le recommande.

Bonne lecture mes amis.

« Murmures à la jeunesse » (94 pages) de Christiane Taubira aux Editions Philippe Rey  – Paris 2016

 En écrivant ces lignes, j’écoute la 9ème symphonie de Beethoven

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