J’apprécie les analyses de Philippe Destatte

Je viens de lire pour la deuxième fois un texte de Philippe Destatte sur son blog. Je ne résiste pas au plaisir de partager celui-ci avec vous… surtout ses conclusions. Vous le trouverez en intégralité en suivant ce lien

Son titre : « L’économie wallonne : les voies d’une transformation accélérée ».

Toute son analyse permet d’arriver à la conclusion qu’il est nécessaire de mettre en place « une bifurcation pour mettre en route l’accélérateur de particules »

[box type= »download »] Ce que la Wallonie doit trouver, c’est le chemin d’une nouvelle bifurcation. Celle-ci permettra d’optimiser son système régional d’innovation. Il s’agit en effet de permettra à la région de renforcer ses capacités d’innovation, d’anticipation, d’adaptation au changement rapide et global. C’est pourquoi, il est essentiel d’en mesurer les enjeux et la manière d’y répondre.

A nouveau, sans considérer par cette démarche qu’il n’existerait qu’un modèle unique, on peut mettre en évidence six enjeux d’un système régional d’apprentissage : l’extension et la professionnalisation des réseaux régionaux ; la construction d’une vision partagée du territoire ; la créativité pour produire de l’innovation ; la mobilisation du capital social ; la gouvernance des territoires ; la formation tout au long de la vie.

Ces défis, c’est-à-dire ces enjeux dont on se saisit, ne sont pas nouveaux. Nous les avons identifiés dès 2004 dans le cadre de la Mission Prospective Wallonie 21. Dix ans plus tard, nous gardons la même perception de deux Wallonie : celle qui se reconstruit, se diversifie et développe ses nouveaux pôles innovants et créatifs, et celle qui poursuit inéluctablement son affaissement.

Dès lors, n’est-il pas nécessaire qu’on s’interroge – comme le fait, nous l’avons vu, le Ministre-Président wallon – sur les voies d’une transformation accélérée, c’est-à-dire qui permettrait d’activer une renaissance régionale dans des délais qui répondraient sans retard aux enjeux auxquels sont aussi confrontés la Belgique, l’Europe et le monde. Avec Philippe Suinen, qui préside désormais l’Institut Destrée, je pense que l’assise économique de la Wallonie est désormais stabilisée grâce au plan Marshall et aux pôles de compétitivité. Au delà, l’ancien administrateur général de l’AWEX soulignait, dès février 2014, qu’il faut à présent mettre en route « l’accélérateur de particules » pour concrétiser la relance. Cela passera, disait-il à Édouard Delruelle à l’occasion des interviews de Zénobe 2, par la créativité, l’innovation… et l’ouverture au monde sans être décomplexé : « La Wallonie a besoin de cours d’extraversion ! »

Cette ambition pourrait passer par trois choix stratégiques prioritaires.

1. Considérer que la volonté crée la confiance mais que l’imposture la fait perdre. Ce qui implique, qu’au delà de la méthode Coué, c’est-à-dire de tentative de prophétie autoréalisatrice, on dise plutôt la vérité à tous et à chacun. Les êtres volontaires ne peuvent être que des citoyennes et des citoyens conscients.

2. Faire en sorte que la pédagogie de l’action soit au centre de la responsabilité des élus. Comprendre pour expliquer le monde est leur tâche première. On ne peut mener une entreprise, une organisation ou une région à la réussite sans cueillir et fabriquer du sens. Aujourd’hui – faut-il le rappeler ? -, l’idéologie n’a plus cours. Mais le bien commun, l’intérêt général, les valeurs collectives, le pragmatisme et la cohérence du lien entre la trajectoire de l’individu et celle de la société tout entière, prévalent.

3. Faire prendre conscience que la seule réelle capacité de transformation économique est dans l’entreprise. Le premier changement de mentalité pour les Wallons, c’est de quitter le seul chemin du salariat. C’est de prendre l’initiative. Parallèlement, le succès des entrepreneurs wallons passe par des réformes de comportements et de structures, qui dès la famille, dès l’école, donnent envie de créer et d’entreprendre. L’objectif est de faire en sorte que chacune et chacun se voient comme un entrepreneur. Le contenu va ici[/box]

Je voudrais reprendre et les faire miens ces trois choix stratégiques prioritaires :

  • ‘Considérer que la volonté crée la confiance mais que l’imposture la fait perdre’ : les citoyens (et pas uniquement les wallonnes et les wallons) ont la très désagréable impression que le politique les tient soigneusement à l’écart des décisions ; autant il est possible de comprendre toutes les démarches qui amènent à la décision peuvent être discrètes, autant les hommes et les femmes ont le droit de recevoir l’information et surtout la compréhension des choses, il nous faut faire preuve de pédagogie si nous voulons que chacune et chacun adhère aux enjeux.
  •  ‘ Faire en sorte que la pédagogie de l’action soit au centre de la responsabilité des élus. Comprendre pour expliquer le monde est leur tâche première.’ : Le monde de venant de plus en plus complexe (et je renvoie ici encore aux réflexions d’Edgar Morin sur la ‘pensée complexe’), on sent nettement que les politiques qui doivent prendre des décisions maîtrisent de moins en moins l’évolution de cette complexité. D’où une incapacité à mener l’œuvre pédagogique que nous évoquions il y a un instant. Comment faire pour que les décideurs soient mieux outillés pour maîtriser cette formidable complexité est sans doute un défi majeur. Pour ma part, je pense qu’un maximum d’humilité serait (sera ???) sans doute bienvenu et accepté par tous.
  •  ‘Faire prendre conscience que la seule réelle capacité de transformation économique est dans l’entreprise. Le premier changement de mentalité pour les Wallons, c’est de quitter le seul chemin du salariat.’ : je ne peux évidemment que souscrire à cette réflexion ; je soutiens la sensibilisation à l’esprit d’entreprendre au sein de mon institution depuis octobre 2001 et je constate que, même si l’on en parle de plus en plus (mais on le sait, l’entrepreneuriat c’est comme les frites McCain, ce sont ceux qui en parlent le plus qui en mangent le moins – à retrouver sur  Dimanche, journée de la frite en Belgique), il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que chacune et chacun d’entre nous considère l’entrepreneuriat comme une alternative crédible au salariat… ou quand le statut de l’entrepreneur remplacera le CDI (mais c’est sans doute un autre débat !!!)

Je remercie Philippe Destatte pour ces analyses toujours pertinentes et extrêmement bien documentées.

Bon jeudi soir de canicule mes amis.

Plus d’informations sur Philippe Destatte et l’Institut Jules Destrée en suivant ce lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour vérifier que vous n'êtes pas un robot * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.