Pacte d’excellence pour l’enseignement.

Il y a dans le journal ‘Le Soir’ de ce samedi matin un ‘Carnet du samedi’ signé Pierre Bouillon ( @pierrebouillon7 ) et intitulé ‘Réduire le redoublement : fossile à dire’.

On connaît la plume acerbe de Pierre Bouillon.

On aime ou on n’aime pas.

Aujourd’hui, j’aime beaucoup et son analyse est très juste.

Il commence par ces mots :

« Un être humain soumis à une scolarité ordinaire rencontre dans sa vie quoi ? Une septantaine d’enseignants  […]

S’ensuit une énumération des types d’enseignants rencontrés :

« Les sympas, les exaltés, les passionnés, les déprimés, les dépressifs, les déprimants. On a croisé des jeunes coqs fraîchement diplômés (les plus dangereux) et des vétérans lavés de toute illusion (les plus chouettes à vivre) […].

« […] Et puis on a connu un prof de maths. C’était un Léopold II, immense. Il cheminait pesamment entre les bancs, les mains dans le dos, en promenant lentement ses 100 kg d’autorité scientifique. […] Les interros au tableau étaient horribles. On grimpait sur l’estrade comme on se rend au supplice. ce gars-là fichait la trouille, vachement la trouille.

« […] ce monsieur symbolisait jusqu’à la caricature notre beau système scolaire. Un système fondé sur la peur. La peur de l’autorité, la peur de mal faire, la peur de l’interro loupée, du bulletin moche, de l’échec, de l’examen de passage et, surtout, de redoubler.

« Beaucoup de gens pensent que l’école ne peut pas fonctionner autrement. »

Mais, comme il le dit plus loin :

« Limiter le redoublement jusqu’à le rendre exceptionnel suppose deux choses :

  1. Il faudra des moyens (beaucoup) pour armer les enseignants de stratégies pédagogiques permettant d’aider les élèves en difficulté ;
  2. Il faudra du courage politique (beaucoup) pour braver l’opinion majoritaire et lui expliquer que réduire l’échec ne transforme pas forcément l’école en centre de délassement.

Et de conclure :

« […] très longtemps encore, hélas, les élèves iront chaque matin à l’école comme l’on se rend au supplice. Avec la trouille. Vachement la trouille.

Alors …

Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé n’est évidemment pas fortuite et je crois que je pourrais mettre des noms sur des prof et des formateurs, des directeurs d’écoles et des parents.

Cette analyse est affreusement vraie.

Il faudra du temps, beaucoup de temps et de courage pour modifier cet état de fait.

Mais nous devons nous y atteler avec conviction et détermination.

Bonne soirée mes amis.

5 réponses sur “Pacte d’excellence pour l’enseignement.”

  1. Il n’y aura une véritable excellence de l’enseignement que lorsqu’avec l’argent du contribuable on offrira de nouveau des humanités gréco-latines jadis gratuites à toute la population. En attendant nous continuerons à former des latino-hellénistes en privé (c’est-à-dire en payant deux fois!) à ceux qui ont enfin compris.

    Schola Nova

    1. Les commentaires publiés sur mon site font l’objet d’un contrôle avant publication ; ils n’engagent cependant que leurs rédacteurs.
      Cela étant, si je crois avec une profonde conviction qu’une révision fondamentale de l’enseignement doit être entreprise et que le pacte d’excellence est une bonne démarche dans ce sens, je ne suis pas sûr que la solution vienne d’un retour à ce qui a fondé les bases de notre monde.
      J’ai personnellement suivi l’enseignement secondaire en latin et en grec et, si je pense qu’il m’a permis d’avoir une tête bien faite, je ne suis pas sûr que ce soit encore la bonne manière d’aborder la formidable évolution de notre monde actuel.
      Je vous souhaite le meilleur dans vos projets.

      1. Je respecte profondément votre opinion pourtant assez contraire à la mienne, et je vous remercie de vos bons voeux. Peut-être les nuances que je vais apporter à l’expression de ma première intervention nous rapprocheront-elles, je ne sais, mais voici tout de même:
        Je reconnais que les humanités, telles que nous les avons reçues, péchaient par le choix des textes (souvent ennuyeux) et surtout par la méthode. Le latin vivant, lui, donne un accès direct à 85% de la littérature de l’Occident, alors que l’ « ancienne méthode » ne nous permettait de lire « dans le texte » qu’une quinzaine de lignes en deux semaines (quand tout allait bien…) C’est probablement là ce qui a donné cette quasi-unanimité sur l’inutilité et le côté fastidieux de ces études.
        Par contre, si ce n’est plus là « la bonne manière », je reste persuadé qu’avec une bonne manière, corrigée, cette matière répond beaucoup plus à l’évolution du monde actuel, qu’on ne pourrait le penser au premier abord. Le latin européen, prôné par un scientifique (Jean Capelle) dans les années 50 avait pour but de lutter contre l’imprécision du langage scientifique. Beaucoup d’hommes politiques (Senghor, Andreotti etc.) y furent favorables. Ce sont, hélas, les philologues qui ont fait avorter ce projet d’avant-garde, qui, face aux Américains et aux Chinois, a été, il y a peu, soulevé à nouveau dans la CEE, pour malheureusement déboucher sur une préférence envers l’esperanto.

  2. Bonjour,
    A lire le blog, plusieurs points m’interpellent :
    – la menuiserie m’intéresse aussi comme amateur,
    – l’enseignement me passionne, notamment la gestion des groupes fragiles,
    – j’habite pas loin de Carlier Bois …
    – je gère deux sites en WordPress …

    1. Désolé d’avoir un peu tardé à approuvé votre commentaire… Un peu trop d’occupations pour le moment.
      Bien à vous

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