La phrase du jour

Amin Maalouf
« Les principes sont des attaches, des amarres ; quand on les rompt, on se libère, mais à la manière d’un gros ballon rempli d’hélium, et qui monte, monte, monte, donnant l’impression de s’élever vers le ciel, alors qu’il s’élève vers le néant. » 

Amin Maalouf, écrivain franco-libanais en savoir plus ici.

Une fois encore, je remercie Michel Sparer de Québec pour m’avoir envoyé cette petite pépite qui mérite à tout le moins un moment de réflexion.

En face de notre monde qui ne sait plus très bien où il doit aller, devant des hommes et des femmes politiques qui courent dans tous les sens pour rameuter un électorat qui leur échappe (je pense ici tout particulièrement à cette campagne des primaires françaises, aux attitudes et positions de Donald Trump, à la montée des extrêmes,…) il serait peut-être bon que nous nous interrogions sur nos propres principes, la manière dont nous les respectons (ou pas), les libertés que nous prenons avec eux et peut-être surtout comment nous les articulons avec ceux des autres…

Il y va du mieux vivre ensemble, du devenir de notre monde, de l’avenir de nos enfants et petits-enfants…

Passez un très bon dimanche mes amis et à tout bientôt.

« Le Grand Oral » – Amin MAALOUF

Amin Maalouf

Vu sur le site de la RTBF cette après-midi, Amin Maalouf, écrivain et membre de l’Académie française.

Si vous voulez en savoir plus sur Amin Maalouf, voyez sa fiche sur WIKIPEDIA

Il était interrogé par Béatrice Delvaux, Rédactrice en chef du Journal ‘Le Soir’, Jean-Pierre Jacquemin, Directeur de l’information à la RTBF et Jacques Crémers, chef de rédaction de ‘La Première’.

L’interview a permis d’aborder un grand nombre de questions qui se posent actuellement. Vues à travers mon filtre, cela peut donner ceci :

Sur la vie ensemble :

« Vivre ensemble est un art difficile… Ne simplifions pas, ce n’est facile pour personne. »

« On a besoin de construire les nouvelles règles du vivre ensemble. »

« L’ignorance est l’ennemie de cette construction. »

« C’est un travail sur le très long terme et très compliqué. »

Sur le monde arabe :

« Le monde arabe est en crise profonde et cette évolution ne semble pas se terminer d’ici peu… Les gens ont l’impression que ce qui leur arrive ne les mène à rien, ils ont envie de fuir… »

« Et en même temps, il y a la mondialisation qui nous donne tout le monde à voir et personne n’a le temps de digérer cette évolution. »

A propos de l’Europe :

« Je suis profondément attristé par ce qui arrive aujourd’hui. »

« Pour reconstruire, il faut repartir de petits noyaux de pays qui finiront par s’agglutiner et reconstruire. »

Sur les écrivains et la littérature :

« La littérature a pour fonction de réimaginer le monde… et il en a besoin aujourd’hui. »

Et en conclusion :

« Il faut que la société toute entière, les responsables politiques, les enseignants, les leaders d’opinion, aient la préoccupation de bâtir les fondements d’une société qui permette de faire vivre ensemble des gens différents, c’est cela le défi de notre société. »

Il n’est évidemment pas possible de reprendre ici la totalité de l’interview qui dure plus de quarante minutes et ces extraits correspondent à ma sensibilité ; je vous propose de vous faire votre propre opinion quant aux réflexions de ce grand monsieur et vous invite donc à découvrir l’intégralité de l’émission en suivant ce lien :

 Le Grand Oral de Amin Maalouf

Bon samedi après-midi mes amis.

Continuer la lecture de « « Le Grand Oral » – Amin MAALOUF »

Le mot du jour : RACINES

Voici quelques jours, je vous faisais part dans un post intitulé ‘Brûler ses vaisseaux’ (retrouvez-le ici) de la décision que nous avions prise, mon épouse et moi de vendre notre maison en Belgique.

Cette décision nous interpelle évidemment par rapport à nos racines, nos origines même à l’époque de la mondialisation, de l’hyperconnexion…

Représentatives de cette interrogation, les racines de cet arbre, mises à nu par les crues du lac d’Issarlès dont j’ai pris la photo cet été.

Depuis lors, nous avons eu de nombreuses questions, de nombreux commentaires et, étonnamment, des peurs de la part d’autres personnes.

Alors bon, je vous avoue que cela m’a interpellé : « couper ses racines ??? »

Hier matin,  j’ai entendu Adrien Joveneau dans l’émission ‘Les belges du bout du monde’ sur le Liban, il parlait du livre ‘Les Désorientés’ de Amin Maalouf.

J’ai voulu en savoir plus.

Voici ce que dit (entre autres) Amin Maalouf sur les racines :

 » Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines, les hommes pas. Nous respirons la lumière, nous convoitons le ciel, et quand nous nous enfonçons dans la terre, c’est pour pourrir.

 » La sève du sol natal ne remonte pas par nos pieds vers la tête, nos pieds ne servent qu’à marcher.

 » Pour nous, seules importent les routes. Ce sont elles qui nous convoient – de la pauvreté à la richesse ou à une autre pauvreté, de la servitude à la liberté ou à la mort violente. Elles nous promettent, elles nous portent, nous poussent, puis nous abandonnent. Alors nous crevons, comme nous étions nés, au bord d’une route que nous n’avions pas choisie ».

Et cette autre phrase :

 » D’autres que moi auraient parlé de « racines »… Ce n’est pas mon vocabulaire. Je n’aime pas le mot « racines », et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol, se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres ; elles retiennent l’arbre captif dès la naissance, et le nourrissent aux prix d’un chantage : « Tu te libères, tu meurs ! »

L’image de la route m’a aussi rappelé la phrase  en exergue de mon blog et extraite du livre de Edgar Morin ‘Enseigner à vivre’ :

 » Je remercie mes fidèles amis qui m’accompagnent sur le chemin non tracé d’avance qui est le mien ».

dan

 

N’ayons pas peur mes amis, si l’avenir est incertain nous avons les ressources pour l’atteindre et, de toute façon, comme le dit Woody Allen

« Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de passer le restant de mes jours »

Bon dimanche mes amis.

 

Je voudrais terminer ce petit mot par une pensée pour toutes ces femmes, tous ces hommes et ces enfants qui décident d’abandonner leurs origines et leurs racines, de prendre la route et tous ses dangers pour rejoindre nos pays et y trouver un avenir meilleur.

Je leur dédie cette magnifique chanson a cappella de Pierre Perret ‘Lili‘.