Et les réfugiés dans tout cela ???

J’ai entendu ce soir une interview de Daniel Cohn Bendit sur France Inter interviewé par Patrick Cohen.

A la question :

« Vous ne croyez pas que Madame Merkel a été imprudente ? »

La réponse fuse :

« Et bien moi, je préfère une imprudence morale à une prudence immorale »

Perso je le vis tous les jours… on se retranche derrière des règles, des procédures, des réglementation pour n’avoir pas à prendre ses responsabilités de femme ou d’homme responsable.

Nous tenons tous notre sort et celui des autres dans nos mains.

C’est quand qu’on bouge ???

Bonne soirée mes amis.

Qu’en pensent les Québécois ?

Ce matin, j’ai reçu ce texte de Michel Sparer de Québec… Je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous.

Il nous donne une vision que nos amis de la Belle Province ont de notre situation… Elle nous interroge sur notre manière de voir les choses et nous donne un éclairage différent sur notre situation.

A consommer sans modération.

Bon dimanche mes amis

[box type= »info »] « La nation est une âme, un principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. […] L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. […] [Une nation, c’est ]dans le passé un héritage de gloire et de regrets à partager; dans l’avenir, un même programme à réaliser. »

Ernest Renan 1823-1892 écrivain, philologue, philosophe et historien français, dans une conférence donnée le 11 mars 1882 à la Sorbonne (Paris).

Cette réflexion d’Ernest Renan m’est revenue d’abord en voyant la difficulté, principalement européenne, de parachever l’organisation d’une entité intégrée, décisionnelle, fonctionnelle, mais aussi le malaise ressenti dans bien des régions du « Vieux Continent » à l’idée de voir arriver des millions de réfugiés « d’ailleurs ».

Ce qui pouvait passer en 1882 comme une exhortation logique à faire vivre positivement la nation dans ce qui réunit ses membres -les siens- était peut–être déjà dépassé : le cadre d’intégration, d’organisation de l’État–nation induit par le traité de Westphalie en 1648 avait bientôt vécu. En 1882 les migrations de type économique avaient déjà commencé, engendrant en Europe la peur de l’autre. C’était l’époque par exemple où des travailleurs italiens étaient traqués, tués, dans le sud de la France… principalement parce qu’ils avaient une pratique catholique différente des Catholiques du cru…

Les exemples abondent de l’ardent mépris dont étaient l’objet les immigrants arrivant en nombre. Ne retenons pour l’instant que le réflexe de peur devant une altérité agitée comme un épouvantail, hors de toute proportion avec la menace réelle ou probable. La campagne électorale fédérale qui s’achève au Canada en a encore donné une démonstration stupéfiante, dont on prendra la mesure réelle mardi matin…

Même si la conception comme celle de Renan ne colle plus avec la réalité de notre monde, elle vit encore à la fois dans la nostalgie d’un passé dont on ne retient que le rêve d’harmonie, mais elle subsiste aussi dans l’inconscient collectif.

Et les marchands de peur se surprennent encore de pouvoir aussi aisément utiliser ces épouvantails d’un autre âge, avec autant de succès.

Les personnages d’Halloween ne vivent pas que sur les emballages de bonbons.

Bonne journée [/box]