Un mot pas facile : psittacisme

C’est vrai quoi, si vous l’utilisez au Scrabble, cela fait 11 lettres sur un mot compte triple = pas mal de points… Bon, ce serait encore mieux s’il y avait un ‘y’.

C’est un mot masculin (bien sûr !!!, il est compliqué :-).

En ce qui concerne l’étymologie, il est emprunté au latin psittacismus, dérivé de psittacus (« perruche, perroquet ») issu du grec ancien ψιττακός, psittakós (« perroquet ») vous trouverez toutes ces informations sur WIKIPEDIA).

Un perroquet
Il est beau hein ?

Le Larousse définit le psittacisme comme : « La répétition mécanique de formules par un sujet qui n’en comprend pas le sens ou qui adhère pas ».

Moi, j’ai trouvé le mot dans le livre de Delphine DE VIGAN : ‘Les heures souterraines :

« L’entreprise, peut-être, l’avait sauvée. »

« Elle avait aimé les conversations du matin autour du distributeur de boissons, les touillettes agitées dans le café pour dissoudre le sucre, les formulaires de demande de fournitures, les feuilles de temps passé [chez-nous, on dirait des time sheets ndr], les bordereaux d’affectation, elle avait aimé les critériums jetables (*), les Stabilo de toutes les couleurs, les rouleaux correcteurs, les blocs à petits carreaux et leur épaisse couverture orange, les dossiers suspendus, elle avait aimé les odeurs émétiques (**) de la cantine, les entretiens annuels, les réunions inter-départements, les tableaux croisés dynamiques sous Excel, les graphiques 3 D sous Powerpoint, les collectes pour les naissances et les pots de départ en retraite [tiens, cela me dit cela 🙂], elle avait aimé les mots prononcés aux mêmes heures, chaque jour, les questions récurrentes, les formules vidées de leur sens, le jargon propre à son service, elle avait aimé le rituel, la répétition. Elle avait besoin de cela »

« Aujourd’hui, il lui semble que l’entreprise est un lieu qui broie. Un lieu totalitaire, un lieu de prédation, un lieu de mystification et d’abus de pouvoir, un lieu de trahison et de médiocrité. »

« Aujourd’hui, il lui semble que l’entreprise est le symptôme pathétique du psittacisme le plus vain. »

Ce roman décrit la violence silencieuse des villes anonymes et des entreprises déshumanisées. Peut-être un peu exagéré à certains égards mais j’ai connu des situations proches de celles qui sont décrites dans le livre.

Alors, la 4ème de couverture résume le livre de la manière suivante :

« Mathilde et Thibaut ne se connaissent pas. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions.

Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai.

Les heures souterraines qui fut finaliste pour le prix Goncourt, est un roman vibrant sur les violences invisibles d’un monde privé de douceur, où l’on risque de se perdre sans aucun bruit. »

J’ai beaucoup aimé, cela faisait longtemps que je n’avais plus lu un bon roman… J’ai particulièrement apprécié la fin qui n’est pas… comment dire ???  classique.

(*) un criterium est un porte mine de la marque BIC… Tout le monde le connaît.

(**) se dit d’une substance qui fait vomir.

Ce soir j’écoute Norah Jones… magnifique pour un samedi soir… Bonne nuit mes amis.

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